Une adorable critique - Joseph Barkley

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Une adorable critique

Une adorable critique - Joseph Barkley

Un bon café m’est indispensable pour commencer une journée sous le signe de l’efficacité. J’ai ma marque préférée. Évidemment, un samedi matin, je vis que les capsules dont l’arôme me réveillait manquaient. Je regardais si j’en avais commandé d’autres. Après quelques recherches sur ma messagerie électronique, je constatais que j’avais oublié de le faire. Je m’empressais de remédier à cet oubli. Mais je savais que je ne les recevrais que dans quelques jours, malgré l’efficacité du service de distribution de courrier montreal. Il ne me restait plus qu’à descendre dans un café du quartier. J’avais une préférence nettement marquée pour un établissement qui proposait de délicieux accompagnements avec une boisson chaude à toute heure de la journée. Il était déjà tard, la matinée s’était écoulée si rapidement.

Chaque matin, quand je ne vais pas travailler, je fais une séance de yoga. Cela me réveille en douceur. L’heure que cela me prend s’était ajoutée à un réveil inhabituellement tardif. J’étais sorti la vieille en compagnie de quelques amis. Nous étions allés dans un concert de jazz. Les accords de la trompette et du saxophone me résonnaient encore dans les oreilles. C’est vraiment mon style de musique préféré. Je repensais à cette excellente soirée pendant que je marchais en direction du café où je comptais prendre un solide déjeuner. Les tables étaient toutes prises, lorsque j’arrivais. Au comptoir, un tabouret restait libre. Je me précipitais. J’étais enfin assis, mais le serveur était débordé. Je dus attendre une bonne vingtaine de minutes avant de passer ma commande.

Je patientais en lisant le journal. Les nouvelles du monde m’affligeaient. Je tournais les pages pour parcourir la rubrique culturelle. Un entrefilet parlait justement de la prestation musicale à laquelle j’avais assisté le jour d’avant. La critique était acerbe. Je m’insurgeais contre la méchanceté du propos. À mes côtés, une jeune femme buvait un jus de fruit. Énervé par ma lecture, je m’agitais, ce qui eut pour conséquence de renverser le verre de ma voisine de comptoir. Elle réussit à sauter en arrière avant que sa légère robe blanche soit tachée. Je m’excusais et je lui offris la même consommation. C’est ainsi que nous avons commencé à discuter de la raison de mon emportement. Je justifiais mon point de vue. Le concert m’avait paru excellent. Elle utilisa quasiment le même vocabulaire que l’article qui m’avait choqué par sa véhémence. Elle me révéla qu’elle l’avait écrit. Nous avons commencé à nous fréquenter ce jour-là.