On ne connaît jamais vraiment les gens  - Joseph Barkley

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On ne connaît jamais vraiment les gens

On ne connaît jamais vraiment les gens  - Joseph Barkley

Une fois, j’étais passé prendre un couple d’amis, pour les emmener avec moi dans ma résidence secondaire. C’était un chalet que m’avait cédé une de mes tantes, avant de décéder. J’y allais un peu plus tôt que d’habitude, car je tenais absolument à profiter des premiers beaux jours de printemps. Juste au moment où j’arrivais, des ouvriers qui étaient là pour faire un drainage sonnaient à leur porte. Quand mon ami allât ouvrir, il se tapa la tête avec sa main. Il avait complètement oublié ce rendez-vous. En jetant un œil dans la rue, il me voyait en train de me garer. Il me demanda de rentrer et de prendre un autre café avec eux avant de partir, car il ne pouvait absolument pas reporter ce rendez-vous.

C’était la première fois que je rentrais chez eux aussi tôt. Leurs enfants étaient encore en pyjama. Ils étaient adolescents, et ne venaient pas avec nous. La cuisine semblait comme ravagée par un ouragan. Il est vrai que c’était la première fois que j’arrivais aussi tôt, mais tout de même. Eux aussi étaient encore en pyjama. Plutôt en robe de chambre chiffonnée. En jetant un œil sur le salon, on aurait dit que quelques éléphants avaient passé la soirée sur les fauteuils en faisant une bataille de chips. Tout paraissait sens dessus dessous. Cela me faisait bizarre, car j’ai toujours connu ces gens en costume au travail, et ils semblaient plutôt du genre assez posé, presque un peu trop « So British » même. Il est vrai que l’on dit toujours, que tant que l’on n’a pas vécu avec une personne, on ne la connaît pas. Dans ce cas-ci, c’était vraiment vrai.

Au bout de quatre heures, les ouvriers n’avaient toujours pas fini leur travail. L’impatience commençait à sérieusement me ronger les nerfs. Je serais déjà en train de regarder la beauté d’un paysage à cette heure-ci. Je n’avais à voir qu’un tas de choses plus ou moins propres, éparpillées dans tous les sens. Je finissais par comprendre pourquoi mon ami me disait que la femme de ménage passait tous les jours, sauf le week-end. La pauvre. Commencer tous les lundis avec tout ce travail, cela aurait été un crime de lui enlever ses jours de repos. Elle devait tout de même être drôlement efficace. Je n’avais jamais remarqué quoi que ce soit la plupart des soirées que j’avais passées dans cette maison. Je demandais aux ouvriers s’ils en avaient encore pour longtemps. Dès que j’entendais leur réponse, je repartais sans les attendre.