L’humain, cet animal - Joseph Barkley

Mon blogue

L’humain, cet animal

L’humain, cet animal - Joseph Barkley

J’aime beaucoup aller au zoo avec des enfants. J’aime aussi leur montrer la nature telle qu’elle est, et non pas telle qu’elle a été transformée par les studios de productions qui créés les dessins animés. Je prends beaucoup de plaisir à leur enseigner les quelques rudiments de sagesse que l’on peut apprendre par certains animaux. Il y en a tellement, qu’il est difficile de manquer de quoi argumenter dans une conversation à ce sujet. Je suis moi-même toujours en admiration à la simple vue d’un animal libre. Je ne sais pourquoi, ils provoquent en moi une certaine paix, et une certaine sérénité.

Une bonne journée, j’avais décidé de les emmener dans une ferme, où se trouvait un homme qui soignait des oiseaux de proie blessés. Il avait pour habitude de les garder dans des cages assez grandes pour pouvoir leur donner assez d’espace, afin qu’ils gardent l’élan de leur envol. Je tenais absolument à ce que les enfants voient ce que c’est qu’un animal qui reprend sa liberté dans la nature. Nous arrivions, juste au moment où un aigle qui avait été soigné pour une blessure à une aile, reprenait son envol. Je trouvais cela magnifique. Par la suite, nous faisions le tour des cages, où se trouvaient différents oiseaux, avec différentes blessures. L’un d’entre eux était un hibou, qui avait tendance à faire comprendre qu’il n’aimait pas trop être dérangé. Il avait les paupières complètement rabattues, et semblait vouloir nous inviter à aller voir ailleurs. À la blague, je disais à mes enfants qu’il lui aurait fallu une bonne blépharoplastie, pour que l’on puisse voir la couleur de ses yeux.

À un certain moment, alors que nous continuions notre visite, plusieurs voitures se garaient aux abords de la ferme. C’était des personnes qui venaient de studios de cinéma, et qui avaient besoin de filmer des oiseaux de proie. Ils avaient besoin d’en maquiller quelques-uns, en leur rajoutant quelques blessures en plus, des rajouts de plumes, ou quelques trucs de décoration pour un film de science-fiction. Je sentais que montais en moi, une forte colère, à la vue de tout ceci. Je ne comprenais pas que l’on puisse utiliser des animaux en convalescence, à des fins purement cinématographiques. J’en voulais terriblement à cet homme pour qui j’avais eu beaucoup de respect jusque-là, et lui faisais comprendre mon désappointement en partant. Cependant, les enfants avaient reçu une bonne leçon ce jour-là. L’humain ne recule devant rien ni personne, pour arriver à ses fins. Juste avant de monter dans la voiture, dans une des cages, un aigle semblait attendre impatiemment de retrouver la liberté. J’avais envie d’ouvrir la cage devant les enfants. Chacun d’eux pourrait alors se faire la morale qu’il voudrait, avec l’esprit qui lui a été donné. Son envol aurait assurément apaisé mon âme.